Kankan : des migrants rapatriés expliquent leur calvaire (Témoignages)

Kankan : des migrants rapatriés expliquent leur calvaire (Témoignages)

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Plusieurs dizaines de jeunes guinéens rapatriés du Maghreb étaient réunis ce jeudi 21 novembre 2019 à la maison des jeunes de kankan.Venus dans la nuit du mardi 20 novembre en provenance des pays du Maghreb dont la Libye et l’Algérie, ces jeunes n’ont pas hésité de nous raconter leur mésaventure.
Sous l’effet de la fatigue, Mamoudou Camara informaticien de profession n’a juste fait que quatre mois en Algérie. Il y travaillait en qualité de manœuvre. « Je suis venu de façon volontaire. Je ne suis pas parti en Algerie, parce que je voulais c’était dans le but de trouver un chemin pour l’Europe…j’ai travaillé deux mois avec les chinois en qualité de manœuvre. C’était très dur, surtout nous les jeunes de Conakry…On a connu des galères sur le chemin du retour .C’est grâce aux téléphones satellitaires que détenaient nos amis arabes, nous avons contacté OIM …La vie de là-bas est très difficile surtout avec la situation sociopolitique et le traitement infligé aux noirs. Je dirai à tous mes amis de rester au pays » témoigne t’il.

Mansaré

Même sentiment de deception chez Mory Mansaré ressortissant de Gueckedou.Le jeune garçon affirme avoir fait un mois en cours de route bien avant de rejoindre la Guinée. « La vie de l’Algérie est très dure, si tu n’as pas de papier, c’est très compliqué de vivre labas.En plus on est victime de toute sorte de discriminations et de bavures. J’ai fait de la prison ; en plus on pouvait faire des jours sans manger, ni boire dans le désert… » A-t-il déclaré
Pour Abou Camara originaire de Beyla ; la souffrance vécue en Algérie est une leçon pour lui. « Je ne compte plus repartir en Algérie maintenant ; car là-bas j’ai pas la paix du cœur ».
Abou Camara

A noter que dans ces derniers temps, Kankan enregistre la venue de nombreux jeunes migrants guinéens refoulés du Maghreb .Apres l’accueil et l’enregistrement à la maison des jeunes de la ville, ils rallient leurs différentes villes de départ .Selon les migrants interrogés, chacun d’entre eux reçoit un téléphone et une somme de 500.000GNF .Notre tentative de joindre les responsables de L’OIM présents sur les lieux a été vaine.
Mohamed Slem Camara

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